Castanet mal récompensé

  • 20 avril 2014

201404200831-full.jpgSi tout le monde s’accordait à dire qu’une nouvelle fois l’entame, tel un vice rédhibitoire, n’avait pas été à la hauteur, pour le reste, les espoirs de qualification ne s’étaient pas envolés, loin de là : «Nous manquons encore de rigueur et de patience, notamment dans l’utilisation des ballons, mais quelque part, ces lacunes attestent d’une réelle envie de bien faire», expliquait Jean-Louis Dessacs, partagé entre déception et mansuétude : «Si manque de lucidité il y a, c’est aussi parce qu’en face il y avait un adversaire capable de nous prendre sur les impacts. Défendre, c’est usant. Mais c’est aussi à travers ce genre de rencontres que l’on acquiert l’indispensable expérience qui permet de soigner ensuite le moindre détail.»

Pour Antoine Loubière, une nouvelle fois au four et au moulin, il était aussi question de «frustration» : «Nous avons fait le plus dur en relevant le défi physique, mais il y a d’un autre côté toutes ces erreurs qui nous coûtent cher. La discipline, c’est important, et je ne pense pas que l’on puisse mettre notre mauvaise entame sur le compte de la pression», estimait le préposé à la fermeture du couloir.

De son côté, Quentin d’Aram de Valada, en bon capitaine, se voulait optimiste : «Quand on s’envoie comme ça, on se dit que rien n’est perdu. Trois points d’écart, ce n’est rien et j’aurais pensé la même chose s’ils avaient été en notre faveur.»

Louis Bardou, le président d’un club qui a rencontré une réelle audience auprès des aficionados en dépit de la redoutable concurrence occasionnée par la retransmission télévisée du match du Stade Toulousain, faisait part de sa fierté au niveau du contenu : «Tant pis pour cette dernière pénalité jouée à la main. À Castanet, nous ne voulons pas d’un jeu restrictif, calculateur.»

Le mot de la fin reviendra à Mihaï Bageag, le géant roumain passé naguère par Graulhet : «Disons que nous sommes à la mi-parcours et qu’il reste une mi-temps à jouer à l’extérieur et face au vent. Cette équipe de Mâcon n’a pas fini en tête de sa poule par hasard mais on va tout faire pour l’accrocher.»

À condition, bien entendu, de corriger cette fâcheuse propension à l’équivalent rugbystique du faux départ en athlétisme. Car le temps presse.

Philippe Alary

Source : www.ladepeche.fr